septembre 2021

jeudi 2 septembre 2021

Pourquoi faut-il revoir "Fievel et le Nouveau Monde" ?

J’ai décidé de republier ici les treize critiques de films que j’avais écrites en 2020 et 2021 pour un site internet. Voici donc celle concernant  Fievel et le Nouveau Monde, de Don Bluth. On pourrait passer à côté de Fievel et le Nouveau Monde (1986) en se disant que cette histoire de souris n’est qu’un sous-Disney parmi tant d’autres. Et on aurait tort, grandement tort, parce que contrairement aux apparences, le film de Don Bluth nous emmène à mille lieues des mièvreries de l’oncle Walt. Alors oubliez Belle et le Clochard aspirant le même spaghetti, oubliez Les 101 Dalmatiens ou les grands yeux de Bambi car l’aventure de Feivel Mousekewitz est une histoire vraie, poignante, qui retrace un...

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Pourquoi faut-il découvrir "Dans la souricière" de Norman Panama ?

J’ai décidé de republier ici les treize critiques de films que j’avais écrites en 2020 et 2021 pour un site internet. Voici la deuxième d’entre elles. En janvier 1959 sortait Dans la souricière, mis en scène par Norman Panama. Un film noir parmi tant d’autres s’il n’avait la particularité d’être transposé dans un décor de western. Quelques mois plus tard, c’était au tour de La mort aux trousses (A. Hitchcock) de paraître sur les écrans. On se souvient de Roger Thornhill (Cary Grant) attendant quelqu’un en rase campagne et c’est un avion qui viendra lui rendre visite. Dans cette scène, Hitchcock reprenait toutes les caractéristiques du film noir pour les mettre sens dessus dessous : la ville...

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vendredi 3 septembre 2021

"La Vengeance d'un acteur" : un drame shakespearien de Kon Ichikawa

J’ai décidé de republier ici les treize critiques de films que j’avais écrites en 2020 et 2021 pour un site internet. Voici la troisième d’entre elles. La Vengeance d’un acteur, de Kon Ichikawa (1963), est à ranger dans la catégorie des films qui déconcertent au premier abord et fascinent au second. Afin d’en goûter toute la saveur, il demande toutefois quelques explications préliminaires. Or donc… … Revêtons notre costume de Monsieur Je-sais-tout et allons-y. La Vengeance d’un acteur de Kon Ichikawa est le remake d’une trilogie réalisée en 1935 par Teinosuke Kinugasa. L’histoire, qui avait tout d’abord paru dans la presse sous forme de feuilleton, raconte comment un onnagata, un acteur de...

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Topor, l'homme qui aimait les films mais pas le cinéma

J’ai décidé de republier ici les treize articles sur le cinéma que j’avais écrits en 2020 et 2021 pour un site internet. Voici le quatrième d’entre eux, une interview de Daniel Laforest, auteur de Topor et le cinéma paru aux Éditions Place en 2020. Roland Topor fut un illustrateur, dessinateur de presse, écrivain, satiriste, provocateur, fumeur, et noceur français que le public cinéphile connaît surtout pour son film d’animation La Planète sauvage (1973). Topor parcourut les années 1960 à 1990 avec pour armes et bagages sa plume Sergent-Major, sa bouteille d’encre de Chine, ses crayons de couleurs, sa pipe et un grand éclat de rire sardonique. Il est assurément l’un des artistes français les...

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Pourquoi faut-il revoir "Le Cercle rouge" de Melville ?

J’ai décidé de republier ici les treize articles sur le cinéma que j’avais écrits en 2020 et 2021 pour un site internet. Voici le cinquième d’entre eux, aux odeurs de pluie et de sang. Le Cercle Rouge – scène 1. Extérieur nuit, Marseille. Un feu tricolore passe au rouge. Une voiture surgit. À son bord, quatre hommes au visage fermé. « Tant pis pour le rouge, je passe », dit le chauffeur. Une autre voiture arrive par la gauche, la collision est évitée de justesse. Gros plan sur le commissaire Mattei (André Bourvil) qui, à l’arrière du premier véhicule, affiche une moue désapprobatrice…Melville en rouge et bleu Parallèlement à cette histoire du prisonnier Vogel (Gian Maria Volonté) transféré...

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samedi 4 septembre 2021

"Les Fleurs de Shanghai", entre attention flottante et demi-sommeil

J’ai décidé de republier ici les treize articles sur le cinéma que j’avais écrits en 2020 et 2021 pour un site internet. Voici le sixième d’entre eux, aux effluves shanghaiens. Les Fleurs de Shanghai (1998) est le treizième film de Hou Hsiao-Hsien et le premier qui ne s’inscrit pas dans l’histoire de Taïwan, puisque son action se déroule en 1884 dans les maisons de plaisirs de Shanghai. Il s’agit là de l’adaptation d’un roman écrit par Han Ziyun, qui fréquentait lui-même les bordels shanghaïens de ce XIXe siècle finissant, alors que la ville appartenait aux banquiers et industriels occidentaux. Un roman, ou plutôt une chronique faite d’anecdotes publiées à l’époque dans la presse, tel un...

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"Les Trois Jours du Condor", un anti-James Bond en Solex

J’ai décidé de republier ici les treize articles sur le cinéma que j’avais écrits en 2020 et 2021 pour un site internet. Voici le septième d’entre eux, entre CIA, balles dum-dum et mélange deux-temps. Les Trois Jours du Condor (S. Pollack, 1975) appartient à une vague de films parano-politiques qui commença en pleine guerre froide avec le très improbable Crime dans la tête (J. Frankenheimer, 1962) suivi de près par le convaincant Sept jours en mai (J. Frankenheimer, 1964). Plus tard sortit Conversation secrète (F. F. Coppola, 1974), À cause d’un assassinat (A. J. Pakula, 1974 itou) puis Les Hommes du Président (A. Pakula, 1976), et c’est ainsi que la paranoïa devint réalité. * Au cœur des...

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Pourquoi faut-il revoir "Spéciale Première" ?

J’ai décidé de republier ici les treize articles sur le cinéma que j’avais écrits en 2020 et 2021 pour un site internet. Voici le huitième d’entre eux, à propos d’une comédie débridée virevoltant entre peur du communisme et homosexualité refoulée. Quand on pense à Billy Wilder, ce n’est pas le tardif Spéciale Première (1974) qui vient aussitôt à l’esprit mais plutôt Sept ans de réflexion (1955) ou Certains l’aiment chaud (1959). Spéciale Première est toutefois un classique de la comédie burlesque, une pièce de Ben Hecht et Charles MacArthur qui enflamma les planches de Broadway à partir de 1928. Screwball comedy et pisse-copies Maintes fois reprise par la radio et la télévision, The Front...

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"Total Recall", une ode définitive à Schwartzy

J’ai décidé de republier ici les treize articles sur le cinéma que j’avais écrits en 2020 et 2021 pour un site internet. Voici le neuvième d’entre eux, à propos d’une bobine survoltée avec des vrais morceaux de céleri dedans.  Total Recall de Paul Verhoeven (1990) est la très libre adaptation d’une nouvelle de Philip K. Dick, Souvenirs à vendre. Qui dit Dick dit réalités alternatives, mémoire altérée, questionnement sur l’identité, le libre arbitre et tutti quanti, autant de thèmes qu’on retrouve dans d’autres adaptations cinématographiques : Blade Runner (R. Scott, 1982), Minority Report (S. Spielberg, 2002) ou encore Paycheck (J. Woo, 2003). Voyage au centre de la mémoire Plantons d’abord...

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dimanche 5 septembre 2021

"The Goya Murders"

J’ai décidé de republier ici les treize articles sur le cinéma que j’avais écrits en 2020 et 2021 pour un site internet. Voici le dixième d’entre eux, à propos d’une improbable bobine espagnole trempée dans l’acide.  Une femme de la haute bourgeoisie est retrouvée assassinée à son domicile madrilène. Elle est bizarrement accoutrée, à ses côtés se tiennent deux mannequins arborant une tête de singe. Les deux policières chargées de l’enquête ne comprennent rien à cette mise en scène mais nous, spectateurs, savons immédiatement de quoi il retourne puisque tout ou presque nous est dit et montré dans le titre et l’affiche du film : The Goya Murders. Il y aura donc plusieurs assassinats,...

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Pourquoi faut-il revoir "Le Trou" ?

J’ai décidé de republier ici les treize articles sur le cinéma que j’avais écrits en 2020 et 2021 pour un site internet. Voici le onzième d’entre eux, à propos d’un chef-d’œuvre absolu. Le trou est l’un des surnoms qu’on donne à la prison. En sortir plus rapidement que prévu n’est pas très compliqué : il suffit de creuser… C’est l’argument du Trou de Jacques Becker, chef d’œuvre sorti en 1960 qui demeure le classique absolu du genre, mais pas seulement.Des fourmis et des hommes Le Trou est une adaptation du roman autobiographique de José Giovanni, paru en 1957. Giovanni totalisait en effet un bon nombre d’années de taule à son compteur pour faits de collaboration avec les nazis pendant la...

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Pourquoi faut-il revoir "Nightfall" ?

J’ai décidé de republier ici les treize articles sur le cinéma que j’avais écrits en 2020 et 2021 pour un site internet. Voici le douzième d’entre eux à propos d’un très beau polar glacé. Nightfall – Poursuites dans la nuit n’est sûrement pas le meilleur film de Jacques Tourneur. Et le cinéphile insomniaque trouvera peut-être plus de rebondissements dans un documentaire québécois consacré à la saison du rut chez l’orignal, que dans cette série B d’apparence assez ordinaire. Le cinéphile passionné par l’histoire des thrillers sur grand écran, en revanche, y trouvera largement son compte. Car Nightfall est une espèce de film carrefour, un incontournable qui renvoie à Nicholas Ray, François...

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Un film parfait : "Dans un jardin qu’on dirait éternel"

J’ai décidé de republier ici les treize articles sur le cinéma que j’avais écrits en 2020 et 2021 pour un site internet. Voici le dernier d’entre eux à propos du temps, du thé, de la sérénité. Dans un jardin qu’on dirait éternel est un film parfait, une espèce de chef-d’œuvre dû à l’immense talent de Tatsushi Ōmori. Mais expédions d’abord les choses qui fâchent : le titre français de ce film est d’une stupidité absolue puisqu’en vérité il n’y est question ni de jardin ni d’éternité ; l’affiche française, quant à elle, nous présente la maîtresse de thé inversée par rapport à l’affiche originale, et c’est ainsi que son kimono se retrouve à l’envers ; les deux caractères écrits en japonais ne...

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