Freud, la nièce et la mitraillette

Cette affiche photographiée dans le métro parisien, qui fait la réclame pour une exposition consacrée à Sigmund Freud, est agrémentée d’un aimable graffiti :

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Gros plan dudit graffiti qui dit : « Donc cette fameuse Justine est celle que vous appelez votre nièce. Intéressant. »

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Justine. Celle des Malheurs de la vertu de Sade ? Ou bien la “nièce” du cinéma américain des années 50, celle qu’on baptisait ainsi à cette époque faute de pouvoir la nommer maîtresse, gigolette ou encore deuxième bureau. Car en ces temps où régnait le joyeux Code Hays, il était interdit aux cinéastes d’appeler un chat un chat, et encore plus de le montrer (voir par là le chapitre concernant la représentation de la sexualité telle que définie par ce fameux code de censure).

La plus célèbre des nièces du grand écran étasunien est sans conteste Angela Phinlay (Marilyn Monroe), dans Asphalt Jungle (Quand la ville dort), de John Huston (1950) :

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Photogramme issu de la première scène dans laquelle apparaît la nièce

Son brave tonton, Alonzo Emerich, est incarné par Lois Calhern :

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Photo à caractère publicitaire pour la promotion du film

Le Code Hays entendait dresser la liste de tout ce qui était contraire aux bonnes mœurs et par conséquent ne devait pas figurer à l’écran. Cette affiche ironique illustre quelques-uns de ces interdits :

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Tu ne montreras point :
1. la loi mise en échec
2. des entrejambes
3. de la lingerie de dentelle
4. de cadavre
5. de drogue
6. de consommation d’alcool
7. de seins nus 
8. de jeu d’argent
9. l’acte de pointer une arme
10. de mitraillettes

Pas de mitraillette non plus ? Bah ! Tant qu’on peut afficher la nièce en train de rouler un patin à tonton, tout va bien !

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