Richard III / Emmanuel Macron, même combat ?

Cette semaine c’est la fête avec Paris Match qui nous offre cette fabulomirifique, bouleversifiante et supercalifragilistique couverture :

01.jpg

Poids des mots et choc des photos nous laisseraient presque sans voix si nous n’étions dotés d’un professionnalisme d’airain que nous allons de ce pas solliciter afin de dépiauter cette sublimagistrale couverture. Or donc : « Macron, la riposte face aux casseurs ». Avec en encadré une photo de chaises en flamme au pied d’une vitrine de boutique de luxe devant laquelle parade un casseur, plus un Gilet jaune en arrière-plan ; et surtout une photo plein pot du président, genre Macron-Le-Retour-et-il-est-pas-content. Regard d’acier, bouche pincée, main gauche contractée en un geste signifiant qu’il ne lâche rien, que le pouvoir - la répression - est entièrement entre ses mains. En premier plan, une petite bouteille d’eau qui paraît toutefois bien insuffisante pour éteindre l’incendie. Ça, c’est l’analyse niveau collège. Tentons maintenant de passer au niveau supérieur dans le style Moi-Monsieur-j’ai-lu-des-livres.

La position de Macron peut évoquer celle de Kevin Spacey dans House of Cards. Même regard dur, sans pitié. Normal, puisqu’il s’agit du même rôle.

02-kevin-spacey-returns-frank-underwood-house-cards.jpg

Deux différences cependant : Frank Underwood a les doigts croisés et se tient droit, alors que Macron n’a qu’une main tordue de visible, et le dos voûté. Il nous rappelle le diabolique Richard III de Shakespeare, tel qu’interprété par Laurence Olivier. Un Richard III bossu, difforme, avec une main gauche tordue et la droite telle une serre. On notera le long nez, chez Olivier comme chez Macron :

03.jpg
04-Laurence-Olivier-in-Richard-III-1954-Premium-Photograph-and-Poster-1026795__67051.1432426523.1280.1280.jpg

À part ça, relevons deux coïncidences relatives à Kevin Spacey :

1. Dans The Usual Suspects, il interpréta le fourbe Kaiser Söze dont le bras et la main gauches étaient atrophiés.
2. Il incarna aussi Richard III avec une jambe et une main gauches également atrophiées, cette dernière recouverte d’un gant :

Usual_Suspects-009 AQU085-009
05.jpg
01.jpg

Richard III / Emmanuel Macron, même combat ?

« Conscience n’est qu’un mot à l’usage des lâches,
Inventé tout d’abord pour tenir les forts en respect. 
Que nos bras vigoureux soient notre conscience, nos épées notre loi,
En marche, allons-y bravement, jetons-nous dans la mêlée,
Marchons main dans la main, sinon au ciel, du moins jusqu’en enfer. »

Richard III, William Shakespeare, 1591-1592

La discussion continue ailleurs

URL de rétrolien : http://laboiteaimages.alainkorkos.fr/trackback/48

Fil des commentaires de ce billet