La reconnaissance faciale selon Télérama : comme un air de déjà vu et revu

La couverture du Télérama de cette semaine, consacrée à la reconnaissance faciale, est illustrée par une jolie photographie de Maia Flore :

En la voyant, le dépiauteur d’images de service sentit ses quelques neurones frétiller : l’image lui rappelait ce portrait de Betty par Gerhard Richter (1988) :

Et aussi, dans une moindre mesure, cette première version de 1928 des fameux Amants de René Magritte :

La photo de Maia Flore utilisée par Télérama fait partie d’une série intitulée Big Head Poetry, dont voici quelques exemples :

Intéressant, se dit le dépiauteur d’images de service. Mais bon, il n’y avait pas là de quoi écrire un post de blog, aussi s’en alla-t-il cultiver ses carottes en pensant à autre chose. Jusqu’à ce qu’une fidèle lectrice, journaliste à la rédaction française de Radio Prague, lui signale que la couverture de Télérama ressemblait à s’y méprendre à l’affiche tchèque d’Une femme douce de Robert Bresson (1969), réalisée en 1970 par la célèbre affichiste tchèque itou Olga Poláčková-Vyleťalová :

On voit par là que Maia Flore, qui pratique dans ses photographies un surréalisme gentillet réchauffé, n’hésite pas à jeter également un œil du côté de ses aînées. Coïncidence, direz-vous. Peut-être. Quoique. L’affiche d’Olga Poláčková-Vyleťalová est suffisamment célèbre pour figurer dans des ouvrages spécialisés et avoir fait l’objet d’un timbre en République tchèque :

Oh que c’est pas bien de copier, vous exclamez-vous alors, convaincu(e) par la démonstration sans faille. Oh non, c’est pas bien, pas bien du tout ! Mais en vérité je vous le dis, Olga Poláčková-Vyleťalová est la toute première des copieuses ! Son affiche n’est en effet que le résultat d’un découpage éhonté, celui d’un cliché du photographe de mode Bert Stern réalisé en 1969 pour le magazine Vogue, Turquoise And Diamond Choker (même que le collier est, paraît-il, une création de Cartier) :

Vogue, 15 avril 1969

Olga Poláčková-Vyleťalová (vive le copié-collé !) s’est en effet contentée de découper la photo de Bert Stern, de la poser sur un fond peint, de recouvrir l’épaule d’une tunique et de remplacer la main par une fleur noire. Vive le copié-collé, vous dis-je ! Et vive l’arroseuse arrosée.

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