MMIAM n°3 : Hammershøi, les dimanches après-midi et ma grand-mère

Mon Musée imaginaire à moi, le MMIAM, est composé d’une centaine d’images parmi mes favorites. Elles seront commentées ici en 4 000 signes maximum.

MMIAM n°3 : Hammershøi, les dimanches après-midi et ma grand-mère

Les peintures de Vilhelm Hammershøi. Ces décors presque vides de meubles parfois peuplés d’une silhouette féminine, ces murs gris teintés de bleu ou de beige, ces mises en scène qui rappellent Vermeer et Pieter Janssens Elinga. La profonde sérénité des peintures de Wilhelm Hammershoi.

Hammershøi

Vermeer

Hammershøi

Elinga

Quoique. À mieux y regarder, on peut y déceler également de l’ennui, cet ennui des dimanche après-midi quand on n’a rien à faire. Quand on guette l’assoupissement libérateur dans un appartement silencieux un peu trop chauffé. Au dehors tombe la pluie de novembre ou la neige de janvier. Un discret courant d’air se faufile sous la porte, sous la fenêtre. Trop chaud, trop froid, et ce sommeil qui ne vient pas…

Et puis l’équilibre précaire envahissant certaines images, comme celle où la femme - celle d’Hammershøi - en position instable sur une chaise, regarde à sa fenêtre pendant que derrière elle une table a son pied avant gauche un peu trop long, et un piano tient par miracle avec deux pieds seulement. La rupture, l’écroulement, jamais très loin malgré les apparences.

Cette femme, toujours, errant dans cet appartement vide ou se reposant l’ombre d’un instant lors de ses tâches domestiques. Un plateau en main, elle se tient debout devant un meuble sur lequel est posé un compotier…
… apparaît dans une enfilade de pièces nues…
… ou bien est assise légèrement de travers sur une chaise, la tête baissée. Pour un peu, on distinguerait de minuscules gouttes de sueur sur son cou lumineux.

Dans ces moments, elle ressemble à ma grand-mère, Yvette Bachrich.

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